Deux décennies après son adoption, le Code de la famille (Moudawana) est de nouveau au cœur du débat public au Maroc.
Sous l’impulsion royale, une révision profonde du texte est en cours afin de concilier les valeurs de la société marocaine, fondées sur l’islam et la cohésion familiale, avec les principes universels d’égalité, de justice et de dignité humaine.
Adopté en 2004, le Code de la famille a constitué une avancée majeure pour les droits des femmes et la protection des enfants.
Cependant, la pratique judiciaire a révélé plusieurs zones d’ombre et disparités d’interprétation.
Parmi les sujets qui appellent une réforme :
Le mariage des mineures, encore autorisé par dérogation judiciaire ;
La tutelle légale sur les enfants, exercée principalement par le père ;
Les procédures de divorce, jugées parfois longues et déséquilibrées ;
La répartition des biens acquis pendant le mariage, souvent défavorable aux femmes.
La réforme, encadrée par les hautes orientations royales, repose sur trois axes essentiels :
L’égalité entre les époux, conformément à la Constitution de 2011 qui consacre la parité homme-femme.
L’intérêt supérieur de l’enfant, principe clé inspiré de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant.
Le respect des principes religieux, qui demeure un pilier fondamental du système juridique marocain.
La principale difficulté réside dans la recherche d’un équilibre entre modernisation juridique et valeurs religieuses.
Le Maroc ne cherche pas à importer un modèle étranger, mais à adapter son droit de la famille à sa propre réalité culturelle et spirituelle.
Cette réforme s’annonce ainsi comme une évolution mesurée mais déterminée, porteuse d’un modèle marocain de justice familiale fondé sur la responsabilité, l’équité et la solidarité.
La réforme de la Moudawana représente un tournant historique pour la société marocaine.
Elle vise à bâtir une famille moderne, juste et stable, tout en préservant l’identité religieuse et culturelle du pays.
Le succès de cette refonte dépendra de la capacité des législateurs, des juges et des acteurs sociaux à œuvrer ensemble pour une justice familiale plus équitable et plus humaine.